2017

ILS RACONTENT LEUR MILLÉSIME

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Mercredi 24 janvier 2018

Le Clos de la Barthassade |

Guillaume Baron : “2017 est un millésime aromatique”

Guillaume et Hélène Baron gèrent 11 hectares en appellation Terrasses du Larzac, cultivés en agriculture biologique.

L’actu du domaine : Le Clos de la Barthassade lance K Libre, une cuvée 100% carignan élevée pendant 24 mois.

Les vendanges se sont déroulées du 17 au 27 août 2017.

Un travail précis à la vigne pour s'adapter au profil du millésime
Heureusement que nos avons eu des pluies l’hiver dernier et au printemps, car les précipitations se sont arrêtées lors la phase de maturation, de la fin juin jusqu'aux vendanges. Le gel a touché au mois d'avril, 2 parcelles sur environ 2 ha. A notre étonnement, les volumes n'ont pas été impactés. L'intensité gélive est faible sur notre zone. Les rameaux épargnés ont certainement dû compenser.
Nous adaptons notre travail à la vigne à chaque millésime. Comme chaque année, avec la chaleur qui s’installe durablement à partir de la fin du printemps, nous avons peu labouré afin de préserver la fraîcheur naturelle des sols (dernier labour début juin). Nous finissons sous le rang à la pioche ! Et pour maintenir les raisins à l'ombre et réduire l’évaporation, nous n’avons à nouveau pas effeuillé. Grâce à ce travail précis, associé à la bonne adéquation entre “terroir et cépage”, nos vieilles vignes n’ont pas subi de stress hydrique trop sévère et les rendements ont donc été normaux.

Des vendanges atypiques
Les vendanges ont été ultra-précoces. Nous n'avions jamais récolté aussi tôt. Les anciens des Terrasses du Larzac parlent de 35 voire 40 ans. Les chiffres varient d'un témoignage à l'autre :-) Ces conditions particulières de ce millésime s'expliquent par : les bonnes réserves hydriques du début du cycle, la chaleur constante, et la pluie qui s'arrête peu avant véraison, pas trop tôt. Résultat, la vigne s'est développée rapidement sans connaître de blocage de maturité.
Avec le caractère précoce du millésime et certainement le gel, les vendanges ont été atypiques. L’enchaînement « logique » des récoltes des parcelles et des cépages a été bouleversé. Nous avons dû goûter constamment avant de ramasser et souvent changer nos plans au dernier moment. Certaines grappes étaient hétérogènes : mûr à l'extérieur, pas à l'intérieur. Par ailleurs, cette année, on a fini par les grenaches alors que logiquement, les vendanges se terminent toujours par les carignans et les mourvèdres. En blanc, le chenin a été ramassé juste avant le mourvèdre que nous récoltons normalement 2 semaines plus tard.

Des vins aromatiques
En cave, comme toutes les années sèches, les levures indigènes sont moins performantes. Les fermentations sont plus compliquées et plus longues. Là encore, il fallait être présent et s’adapter. Côté jus, des parcelles commencent à très bien se déguster et d'autres prennent leur temps. Définitivement, lors de ces millésimes arides, les vins mettent plus de temps à bien sortir de leur phase fermentaire et à bien s’exprimer. Les rosés et les blancs sont aromatiques, élégants et plus ronds qu’acides. En rouge, lors des années solaires, nous sommes très vigilants sur les dates de récolte. Nous avons ramassé tôt pour garder l'équilibre et avoir les vins frais que nous aimons. Au final, 2017 sera un joli millésime aromatique.

Des volumes légèrement en hausse
Tout s’est très bien passé côté volume. Ils sont très légèrement supérieurs à 2016 (environ 350 hl) et même au-dessus de 2015. Sans grande surprise, car nous avons une bonne adéquation entre nos cépages et nos terroirs. Nos vieilles vignes bien plantées ont beaucoup moins souffert que les jeunes. Visuellement, on le voit d’ailleurs très bien. Au final, cette osmose "vigne, cépage, terroir" se retrouve dans les rendements qui se situent sur notre domaine entre 32 et 33 hl/ha.

Guillaume Baron, vigneron du domaine du Clos de la Barthassade
(AOC Terrasses du Larzac)