2017

ILS RACONTENT LEUR MILLÉSIME

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Mardi 16 janvier 2018

Directeur de la cave coopérative Fontesole |

Cedric Drouet : “Un millésime quantitativement faible mais qualitativement exceptionnel en rosé”.

La cave coopérative Fontesole fédère 120 adhérents. Ils produisent, sur 850 ha de vignes, en moyenne 55 000 hl en AOC Languedoc, Languedoc Pézenas et en IGP Oc. Les vins sont vendus en vrac et en bouteilles. Le conditionné représente 45% du chiffre d'affaires.

Actu : La cave mène une réflexion sur la certification agro-environnementale de type Agriculture biologique et Terra Vitis. Plusieurs  adhérents commencent cette année la conversion en bio.

Les vendanges se sont déroulées du 10 août au 22 septembre 2018.

Sécheresse et précocité
Les deux événements climatiques marquants de ce millésime sont le manque d'eau tout au long du cycle, comme en 2016. Et le gel. Heureusement, notre zone a été touchée seulement à 3%. Parmi les autres phénomènes, notons le débourrement de la plante qui s’est produit avec 10 jours d’avance. La vigne a gardé cette précocité jusqu'aux vendanges. Avec les chaleurs estivales, dès la fin juillet, elle s'est même accélérée. Les vendanges ont débuté dès le 10 août (soit 19 jours plus tôt qu’en 2016). avec les cépages blancs, récoltés de nuit. Les sauvignons sont vendangés en légère sous maturité afin d’obtenir des arômes de type thiolés. La récolte s’est ensuite étalée sur 6 semaines. Alors que les blancs ont été très précoces, les cépages rouges ont pris plus de temps pour arriver à une maturité phénolique optimale. Nous avons attendu avant de rentrer, entre autres, les syrahs et les grenaches qui représentent 45% de notre encépagement. Cette vendange a été longue car nous avons attendu la pleine maturité de chaque cépage en fonction de nos objectifs produits.

Une faible récolte
Quantitativement, nous payons le manque d'eau de 2016 et de 2017. Nous perdons 13% de récolte par rapport à 2016 et 30% par rapport à 2015. Avec une telle baisse de récolte, les vendanges sont plus faciles à organiser. Le travail en cave s’en trouve simplifié. Et grâce à cette saine vendange, les vinifications se sont bien déroulées.

Une production tournée vers les rosés
Qualitativement, c'est une très belle récolte. Notamment en rosé. Nous avons fait le choix stratégique de capitaliser cette année cette couleur. D’autant plus que notre cave est connue pour ses rosés. Ils représentent en volume cette année entre 50 et 55 % de notre production, alors que jusqu'à présent, ils représentaient 40%. Par ailleurs, comme nous connaissons bien nos clients et nos produits, ,nous savons sortir des jus qui correspondent aux attentes de nos clients. A savoir, soit des vins à base de cinsault et de grenache, frais et fruités avec une robe claire. Soit des rosés plus gourmands, dit »gastronomiques » à base de syrah, destinés à notre marque phare : le Prieuré de Saint Hyppolite. Cette cuvée produite à 400 000 bouteilles marche très bien localement et à l'export, notamment en Belgique. En blanc, c'est une très belle année pour les sauvignons et les chardonnays qui sont les plus représentatifs de notre cave. Les rouges sont quant à eux concentrés et de très belles factures.

En résumé, 2017 est un très bon millésime qui globalement est dans la continuité des millésimes précédents, surtout en rosé. Grâce à notre réflexion sur l'encépagement et notre travail qualitatif, nos produits sont en pleine adéquation avec nos marchés. Aujourd'hui, c’est indispensable pour réussir.

Un marché dynamique
Malgré un marché assez tendu, nous avons déjà vendu depuis décembre notre production en vrac, soit environ 75% de nos volumes. Les sorties de chais sont très dynamique depuis le mois de novembre, tout comme le marché bouteilles. Cette petite récolte nous conforte dans notre stratégie de vente en conditionné pour avoir des marges plus importantes. Nous nous diversifions pour aller vers les marchés en développement et là où nous sommes capables de les prendre.

Nos viticulteurs savent qu'une année sur deux en moyenne la récolte est plus petite. 2017 est particulièrement faible. Malgré tout, La Fontesole poursuit son développement. Espérons que cette faible récolte ne se reproduise pas en 2018.
 

Cédric Drouet, directeur de la cave coopérative Fontesole
(AOC Languedoc, Languedoc Pézenas et IGP Oc)