2017

ILS RACONTENT LEUR MILLÉSIME

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Vendredi 06 octobre 2017

Domaine de L'Ancienne Mercerie | Retrouvez son témoignage 2016 2015 2014 2013 

François Caumette : "2017 est dans la lignée des millésimes atypiques"

Le domaine de l'Ancienne Mercerie compte 16 hectares en appellations Faugères et Languedoc, cultivés en agriculture biologique.
L’actu du domaine : L’Ancienne Mercerie sort sa première cuvée sans sulfites ajoutés en rouge. Une bombe fruitée !

Les vendanges se sont déroulées du 21 août au 8 septembre 2017


Une sécheresse exceptionnelle
Côté pluviométrie, le cycle a bien débuté. Grâce aux pluies abondantes de l'automne et de l'hiver derniers, les réserves en eau ont été faites. Avec le printemps et l'été très secs qui ont suivi, elles ont été salvatrices pour les vignes bien enracinées. Mais les faibles précipitations printanières ont touché les souches plantées sur les sols peu profonds. Dans certaines parcelles, les rameaux ne se sont pas développés. C'est l'un des premiers effets de cette sécheresse exceptionnelle qui a perduré sur une longue période (de mai à la récolte). Le deuxième effet marquant concerne les vignes plantées sur les terres argileuses. Elles ont subi de gros stress hydriques, notamment les syrahs où des grappes se sont totalement desséchées. Sur quelques souches, nous n'avons rien pu récolter. C'est la première fois que je suis confronté à ce phénomène. En revanche, sur la partie schisteuse de l'appellation Faugères, nous n’avons pas eu ce problème. Les vignes ont mieux résisté et elles ont moins souffert de ce manque d’eau. Le troisième effet est la taille des grains. Sur certaines parcelles, ils sont restés très petits, voire minuscules pour le grenache blanc. Les conséquences ne sont pas qualitatives mais quantitatives.
Heureusement, au début des vendanges précoces, il y a eu un épisode d’entrée maritime important. Grâce à cette humidité, ces raisins secs, ont un peu grossi. Les effets de la sécheresse ont été un peu atténués.

Au final, nos volumes sont, comme l’année dernière, faibles. Nous allons être à 20 hl/ha.

Les effets bénéfiques
L'un des côtés positifs est la très faible pression de maladies, notamment du mildiou, de l'oïdium, et même des vers de la grappe. Nous avons très peu traité. A la veille de la récolte, l'état sanitaire était parfait et est resté très sain. Les vendanges n'ont pas été stressantes. D'autant plus que les maturités étaient correctes, même si les degrés étaient élevés. Mais, comme chaque année.

Des vendanges historiquement précoces
Côté dates de récoltes, ces vendanges ont été historiquement précoces. C'est la première année que nous démarrons si tôt, à savoir le 21 août. Notons qu’en 2009, elles avaient débuté le 26 août. Elles ont été également très courtes. Nous avons tout vendangé dans la foulée. Et tôt le matin. Car comme nous ramassons à la main, nous nous sommes préservés des fortes chaleurs.
Soulignons que nous avons été touchés seulement de façon anecdotique par le gel et les sangliers.

De très beaux jus
En cave, le début des vinifications s’est bien déroulé. Les fermentations ont été régulières et se sont globalement bien achevées. On peut néanmoins noter un phénomène très rare au domaine et qui a touché plusieurs vignerons sur les dernières cuves. Les fermentations malolactiques se sont déclenchées trop tôt, avant la fin des fermentations alcooliques. Cette situation peut faire craindre la piqûre lactique. Et ce n'est pas simple à gérer. Mais aujourd'hui en cuve, mis à part ce problème, les jus sont très bons, bien structurés et certains sont aussi fruités ! On se régale déjà.

Le millésime du réchauffement climatique
Comme chaque fois, mais pour des raisons différentes, c'est une année atypique. Pour moi, c'est le millésime du réchauffement climatique. On est devant le fait accompli. Avec des vendanges historiquement précoces, un déficit en eau important et des périodes de fortes chaleurs. Et la quantité n'est pas au rendez-vous. Économiquement, c'est un problème, d'autant plus que ces faibles récoltes se succèdent. Heureusement, nous avons la qualité. A nous maintenant de bien valoriser nos vins et de les vendre !

François Caumette, vigneron du domaine de l'Ancienne Mercerie
(Appellations Faugères et Languedoc)