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Lundi 09 octobre 2017

L’AOC Languedoc se donne trois ans pour repenser ses pratiques

Comme d’autres appellations françaises, l’AOC Languedoc se lance dans le processus d’intégration des mesures agro-environnementales dans les cahiers des charges. Une réflexion prévue pour durer trois ans.

À la différence de certaines appellations, l’AOC Languedoc n’a pas arrêté quelles seront la ou les mesures qu’elle choisira d’intégrer dans son cahier des charges parmi la liste officielle de l’INAO qui en compte huit. Mais, elle a bien l’intention de faire en sorte que ses 6 000 vignerons (soient 43 000 hectares) acceptent collectivement d’intégrer des mesures agro-environnementales dans le cahier des charges de l’AOC Languedoc d’ici trois ans. Ce qui veut aussi dire, par effet de ricochet, que toutes les AOC du Languedoc devront se mettre a minima au pli des pratiques choisies par l’AOC Languedoc pour préserver les possibilités de repli.

Financements européens et régionaux

Pour animer la démarche l’Organisme de défense et de gestion, a participé à un appel à projet, instruit par la région Occitanie d’un montant de 300 000 euros (en co-financement FEADER) et également soutenu par l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse. L’objectif est de travailler par étapes, pour inventorier, dans un premier temps, les différentes initiatives existantes dans la zone délimitée Languedoc afin de bénéficier du savoir-faire des viticulteurs. En parallèle, la création de groupes de viticulteurs permettra de déployer les pratiques et d’accompagner les plus sceptiques en misant sur l’émulation collective. À la fin du projet, il faudra choisir les mesures qui seront intégrées dans le cahier des charges. Pour mener à bien ce travail, l’ODG a embauché Bruno Loquet, 33 ans.

Pour Jean-Benoît Cavalier, président de l’ODG, comme pour Catherine Richer, déléguée territoriale Occitanie de l’Inao, l’environnement est un engagement historique en Languedoc. « Cela fait une quinzaine d’années qu’il y a des viticulteurs qui s'engagent pour l’environnement » souligne Jean-Benoît Cavalier. « Dans les cahiers des charges des AOC présentes sur le territoire de l’AOC Languedoc, il y a déjà six mesures qui figurent dans leur cahier des charges » ajoute Catherine Richer, déléguée territoriale Occitanie de l’Inao. Certaines appellations ont en effet été précurseurs en la matière, à l’instar de Banyuls qui prévoit la protection d’éléments remarquables du paysage (notamment les murets).

Le sol au centre des attentions

Qu’elles seront les pratiques mises en œuvre ? Précisément, il est, à ce stade, impossible de répondre. Cependant, la problématique de la gestion des herbicides et de l’entretien des sols sera sans aucun doute aux centres des préoccupations. « Nous souhaitons fédérer autour des problématiques liées au sol » assure Bruno Loquet. Il sera aussi question de cépages et notamment de l’étude de ceux les mieux adaptés aux conditions du changement climatique. Mais, avec l’engagement de l’Inao en faveur de la biodiversité, l’intégration des cépages autochtones est facilitée. Comme le précise Catherine Richer, « les cépages autochtones entrent dans la mesure biodiversité des mesures agro-environnementales. Leur intégration dans les cahiers des charges est donc automatique ». De quoi donner un nouveau souffle à l’adaptation des vignobles aux conditions climatiques de plus en plus sèches et chaudes.

 

[ Source Vitisphere ]