Lundi 22 août 2016

Pic Saint Loup : compassion face à la désolation

Les élus et responsables professionnels se sont déplacés en masse ce vendredi 19 août à Valflaunès pour manifester leur soutien aux vignerons du Pic Saint Loup durement touchés par un orage de grêle dévastateur.

Sénateurs, députés, conseillers régionaux et départementaux, président de la Métropole de Montpellier, responsables professionnels et services de l’Etat… il y avait foule ce vendredi 19 août à Valflaunès. La chambre d’agriculture de l’Hérault avait les convié pour constater de visu les dégâts dans le vignoble suite à l’épisode de grêle du 17 août. Un événement climatique d’une rare violence : pendant 28 mn, ce sont des grêlons de la taille d’une balle de ping pong qui ont bombardé les vignes. Sur certaines parcelles les dégâts sont spectaculaires : plus une feuille, des raisins lacérés et des impacts sur les bois.

600 ha touchés entre 80 et 100 %

« Les raisins sont restés sur les souches, mais on ne peut rien en faire. Ils ne mûriront plus. Ce sont des parcelles que nous avions prévu de vendanger mi-septembre », déplore Régis Valentin, tout nouveau président de l’ODG Pic Saint Loup. Propriétaire du Château de Lancyre, il estime à 70% sa perte de récolte. Sur les 80 ha que compte le domaine, près 30 ha ne seront pas vendangés cette année. Il n’est pas le seul sinistré. L’orage a violement impacté les communes de Claret, Lauret, Sauteyrargues, Valflaunès et Fontanès. « 600 ha de vigne ont été touchés entre 80 et 100%.  60 exploitations sont concernées. C’est une force économique du territoire qui est fragilisée. Nous demandons des mesures exceptionnelles pour nous aider à passer le cap »», a lancé le président du syndicat du Cru Pic saint Loup devant le parterre d’élus et de vignerons réunis à l’appel de la chambre d’agriculture de l’Hérault.

L'Etat annonce les classiques mesures de soutien

Achat de vendanges, possibilité d’enrichissement, baisse des degrés minimum,  accélération des paiements des aides gérées France Agrimer … Les services de l’Etat ont assuré que, si les ODG en faisaient la demande, tous ces dispositifs avaient de bonne chance d’aboutir. Les collectivités locales (Région, département et Métropole de Montpellier) ont également assuré les vignerons de leur soutien, promettant des avances de trésorerie à taux zéro (Région), des aides exceptionnelles (département) et une subvention de solidarité (Métropole de Montpellier). Concernant les cotisations sociales et fiscales, Jérôme Despey, président de la Chambre d’agriculture de l’Hérault, a tapé du poing sur la table : « Nous ne voulons pas de report, nous voulons des exonérations de cotisations sociales et de la taxe sur le foncier non bâti  C’est ce qui se fait pour les autres cultures. C’est ce qu’il faut aux vignerons pour passer le cap après un tel sinistre», a-t-il plaidé. Autre point d’achoppement : la grêle n’est pas éligible à l’état de catastrophe naturelle, a rappelé Olivier Jacob, secrétaire général de la préfecture de l’Hérault. « Quand on a des épisodes aussi violents, qui se produisent de plus en plus fréquemment sous l’effet du réchauffement climatique, il faudrait revoir cette disposition », se sont élevés plusieurs viticulteurs dans la salle. Une position que les élus et responsables professionnels  se sont unanimement engagés à défendre en haut lieu.


[ Source Vitisphere ]