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Lundi 20 juin 2016

Xavier de Volontat : « Restons sages sur le prix du corbières »

Le président de l’ODG Corbières plaide pour une stabilisation des cours et un redéploiement des volumes pour gagner des parts de marché.

« On a redressé la barre pour arriver à un niveau de cours qui permet aux vignerons de respirer. Il faut marquer un palier. On ne peut pas continuellement augmenter nos prix ». Après six ans d’augmentation des cours du vrac, Xavier de Volontat, président de l’ODG Corbières, estime qu’il faut marquer une pause. « Il faut continuer à asseoir la reconnaissance qualitative de notre appellation et augmenter les volumes des cuvées valorisées. Individuellement, les entreprises pourront ainsi continuer à accroître leur rentabilité », précise-t-il.

Dans la grande distribution française, la valorisation de l’AOP Corbières est tangible : le prix moyen de la bouteille est en progression de 8 % sur deux ans, et s’établit aujourd’hui à 3,25 €/col. En volume, les croissances les plus fortes concernent les tranches de prix entre 4-5 €/ bouteille et plus de 5 €. Depuis 2007, les ventes  de Corbières premier prix (moins de 2 €) ont diminué de moitié. Elles représentent aujourd’hui 40 % des volumes, contre 60 % en 2007.

Priorité aux parts de marché

Pour le président de l’ODG, aujourd’hui, l’objectif prioritaire, c’est le redéploiement des volumes pour gagner des parts de marché. Ces dernières années, les revendications ont nettement chuté. De 438 500 hl en 2011, elles sont tombées au plus bas en 2013 avec seulement à 381 000 hl, pour remonter ensuite à 410 000 hl en 2015. « Notre marché s’est assaini. Nos stocks ont atteint un niveau historiquement bas en 2015 avec seulement 260 000 hl, ce qui correspond à 7,6 mois de commercialisation. Nous sommes donc en capacité d’augmenter de 10 % le volume des revendications sur les cinq prochaines années » considère Xavier de Volontat.

L’ODG poursuit d’ailleurs sa politique d’accompagnement des producteurs pour une augmentation des rendements. En 2012, le rendement moyen de l’appellation était tombé à 35 hl/ha, « un seuil qui ne permet plus de vivre ». L’amélioration de la situation économique a donné quelques moyens aux vignerons pour réinvestir dans leur vigne et en 2015, le rendement moyen atteint 41 hl/ha. « Il faut persévérer pour atteindre 43 à 44 hl/ha », soutient le président.


[ Source Vitisphere ]